Autrice membre de la SADN, Julie-Anne de Sée dévoile son érotisme à Maître Roger dans une interview de qualité dont lui seul a le secret.
#monanalyse
le 2 JUILLET 2026,

L'interview de Julie-Anne de Sée

Bonjour Julie-Anne, qui es-tu ? Où vas-tu ?

Bonjour Roger, je vais essayer de te répondre sans rien cacher. Promis.
Qui suis-Je ? Une femme qui a déjà plusieurs vies derrière elle… Plutôt : que suis-Je ? Une curieuse de tout, qui cherche, farfouille, surtout ce qui fait l’humaine nature, quel que soit le domaine. Un peu rebelle sur les bords, râleuse (souvent) quand mes contemporains me navrent ou m’exaspèrent, révoltée en bonne lionne rugissante aoûtienne, farouchement anti-clowns dictateurs (j’ai des noms, mais ils sont pléthore, ça serait trop long). Romantique (pas en toc) et facile à émouvoir avec une œuvre d’art, un bouquet de pivoines, un moment précieux avec ceux que j’aime.
Où vais-je ? Droit devant, en espérant ne pas me perdre. Mon absence totale du sens de l’orientation est à la limite du handicap. Surtout, avancer sans jamais me prendre au sérieux, pour ne pas devenir une vieille grincheuse !

Il existe un déplacement de la limite du handicap lié au sens de l’orientation, une praxie dépassée depuis la généralisation des GPS jusque dans nos téléphones intelligents et connectés aux satellites.
D’après ta notice sur le site de la Société des Auteurs de Normandie, tu te consacres désormais entièrement à l’écriture après avoir été membre de la prestigieuse institution de l’Éducation Nationale. Il est donc possible de vivre de notre plume ? (ou de notre clavier pour celles et ceux qui ont abandonné la plume)

Les plus belles histoires d’amour ont une fin, ce pourquoi j’ai pris les devants avec l’Ed. Nat. en obtenant une retraite anticipée pour cause d’une incompatibilité d’humeur devenue trop prégnante. Ce pourquoi je peux me consacrer à l’écriture.
Vivre de sa plume aujourd’hui ? Je ne m’appelle ni Musso ni Nothomb, mes droits d’auteurs venant tout juste ajouter quelques pains au choc’ de temps en temps. (J’exagère à peine pour mieux me faire comprendre). La noble institution sus-citée m’octroie une pension qui me permet de payer mon loyer et l’épicier.

Pourquoi la Société des Auteurs de Normandie (SADN) alors que tu vis dans le XIIIème arrondissement ?

Parce que d’abord ma mère était Normande, ensuite parce que j’ai vécu 8 ans en Normandie, où j’ai justement terminé ma carrière. Si j’ai retrouvé la capitale, je n’en reste pas moins membre de cette société de gens de lettres, fondée en 1983 par André Castelot et Michel de Decker, (historiens) entre autres.

Fort estimable raison.
Comment est née l’envie d’écrire des textes érotiques ?

L’idée, plutôt, m’est venue alors que j’étais très amoureuse d’un monsieur auquel je ne savais pas quoi offrir pour son anniversaire. Je lui ai écrit une nouvelle érotique, qu’il a beaucoup aimée, me pressant de continuer sur cette lancée. Ce que j’ai fait, la nouvelle est devenue le premier chapitre de mon premier roman.

Une bien jolie histoire d’amour #monanalyse
Et l’envie d’être publiée ?

Je n’ai pas eu tout de suite pensé à tenter une publication, mais je l’ai envoyé chez Tabou, comme on jette une bouteille à la mer, ou comme au poker : pour voir. Amuse-Bouche est paru en 2011.
Huit autres ont suivi chez ce même éditeur.

D’ailleurs as-tu commencé l’écriture par l’érotisme ?

Non, je n’ai pas toujours écrit des textes érotiques, et j’ai d’ailleurs diversifié depuis 3 ans les genres littéraires. J’ai très tôt commencé à écrire...

Par lequel de tes textes les millions de lectrices et lecteurs du blog suprême devraient-elles (et ils aussi) commencer pour entrer dans ton univers ?

Peut-être Dix bonbons à l’amante, parce que j’ai pris beaucoup de plaisir à brosser les portraits de dix amantes en des lieux et des époques du monde multiples.
Faire voyager le lecteur en exotisme et en érotisme, avec pour chaque femme présentée, un exercice de style particulier.

Un exercice qui a dû nécessiter une abondante documentation, j’imagine...

En effet, j’ai dû effectuer de nombreuses recherches historiques et géographiques afin que les « cadres » soient ancrés dans le réel, visionner films et documentaires, consulter des journaux d’époque.
Ensuite, il m’a fallu travailler le « style » propre à chacune de mes amantes : la charcutière californienne de nos jours ne s’exprime pas comme la danseuse sacrée indienne au moment de la révolte des cipayes (1857) ou l’esclave pompéienne au moment de l’éruption du Vésuve ! (79 après J.C)
Mais c’est ce qui me procure le plus de plaisir dans l’écriture : triturer la langue, trouver le mot juste, rester un temps infini sur une phrase jusqu’à ce qu’elle me semble satisfaisante. Et en littérature érotique, ne jamais être vulgaire, terre-à-terre ou « médicale », en accord avec Jeanne de Berg pour qui « l’érotisme est, comme la peinture cosa mentale » (sic) Mais pour en revenir aux recherches, lorsque je me suis lancée dans le roman historique avec une saga familiale en rédigeant Au-delà des mères, là encore j’ai fouillé de nombreuses archives, bouquins, docus... pendant des mois avant de passer à la rédaction.

D’après ta notice biographique sur Babelio (entre autres), tu « découvre[s] Pierre Louÿs, D.H Lawrence, et Pauline Réage pendant que [tes] camarades s’échangent encore le dernier Club des Cinq » ; tu étais particulièrement précoce ou lesdits camarades particulièrement en retard ?

Rire, c’est à prendre au second degré. En revanche, mon père était un grand lecteur, dont la bibliothèque m’était ouverte sans aucune restriction. Enfant unique et solitaire, je lisais beaucoup, écrivais (oui, déjà) et il est vrai que j’ai pu découvrir les ouvrages de ces auteurs dits « sulfureux » peut-être un peu trop tôt. J’ai aussi dévoré Le club des cinq ! (avant)

Ce (avant) me rassure et, avec moi, les millions de lecteurices du blog suprême.

Rire !

ça aide à pécho, les textes érotiques ? (Je pose la question pour un ami)

Pour répondre à ton ami : je ne sais si ça aide à pécho, mais cela suscite des questions. La plus récurrente, qui me fait friser les moustaches : « C’est autobiographique ce que vous écrivez ? »
Je la trouve ridicule, limite insultante : je n’ai pas envie ni besoin de raconter ma vie, (surtout sexuelle) mon imagination est suffisamment fertile pour écrire des textes propres à émoustiller mes lecteurs.

Coïncidence, pour la préparation de la future interview d’une autrice elle aussi érotique, je notais pas plus tard qu’hier que l’on ne demande jamais à un auteur de roman policier qui il a assassiné la veille... Les gens manquent tellement de savoir-vivre.

Ah le savoir-vivre ! Vaste sujet ! C’est exactement ce que je réponds parfois : demanderiez-vous à Stephen King s’il a commis des meurtres en série pour écrire ses bouquins ? Au passage, il a aussi écrit sur sa vie et son métier un ouvrage passionnant : Écriture, fort utile pour tous ceux qui se lancent dans cet art si difficile...

C’est toujours une bonne idée de lire Stephen King #monanalyseapprofondie
Depuis que tu connais Maître Roger, comment ta vie a-t-elle changé ?

Cher Roger, pourquoi Maître Roger d’ailleurs ? Comme Maître Capello ? Maître dans un univers, un domaine particulier ? Je serais ravie de te rencontrer en live et en direct, pour mettre un visage sur celui qui, je n’en doute pas un instant, va certainement bouleverser le cours de ma vie… et qui est encore un inconnu. Sourire.

Comme Maître Yoda. Blogueur suprême, pour te servir.
Et prenons date pour un dîner qui te permettra de bouleverser ledit cours.

Ah mais oui, avec plaisir.

C’est Clarissa Rivière qui a souhaité que tu sois interviewée dans le blog suprême après elle. Quels ont été tes sentiments quand tu as appris cette merveilleuse nouvelle ?

Mon amie Clarissa a pensé à moi, c’est sympa ! Nous avons commis ensemble un petit opus érotico-humoristique. Au risque de te décevoir, je ne me suis pas évanouie, pâmée, mais j’ai souri en songeant que ces échanges et un jeu de questions/réponses pourraient être amusants. Je ne m’étais pas trompée.

Je ne suis pas déçu mais fort étonné. Mes super-pouvoirs s’émousseraient-ils avec l’âge et la vieillesse qui galopent ?

Mais non, sois rassuré : je voulais simplement souligner que l’humour prévaut dans nos échanges, ce que j’apprécie au plus haut point. Les trop sérieux m’ennuient.

Le sérieux, je ne connais pas.
À ton tour, de qui voudrais-tu lire l’interview dans le blog suprême ?

Je serais ravie que tu mettes Jule Mathias sur le grill. Ce garçon a écrit des bouquins incroyables, et surtout, je suis fan absolue de la façon dont il manie la langue française pour exprimer les pires horreurs. Inclassable, hors norme, un style ébouriffant, à lire absolument !

Je le note. Et il n’y a pas de grill, personne n’a été torturé lors d’une interview dans le blog suprême, je tiens à rassurer mes millions de lecteurices.
Quelle musique as-tu écoutée en répondant à cette interview ?

Les gymnopédies de Satie

J’approuve ce choix sans réserve.

Merci, nous avons donc les mêmes goûts musicaux.

Oui, on dirait bien, ça promet pour notre futur date.
Question subsidiaire, pour rester dans l’art : quelle image (au format paysage) choisis-tu pour illustrer ton interview et pourquoi ce choix ?

En format paysage ? Je crains que cette contrainte ne soit réductrice ! Rire.

Oui je sais mais c’est comme ça, c’est la règle.

Spontanément, je dirais La valse de Camille Claudel, parce qu’elle m’émeut aux larmes (voir plus haut...), qu’elle symbolise pour moi l’amour, Éros et le mouvement qui inexorablement conduit vers Thanatos.
Mais me vient aussi à l’esprit la toile de Pere Borrell del Caso : Escapando de la critica. Cet esprit rebelle, qui fuit la critique (et la pseudo « bien-pensance » d’aujourd’hui qui nivelle par le bas en imposant une vérité... ) et s’échappe de son cadre, me plaît beaucoup.
Mais il y en aurait tant d’autres !


Et quand tu n’écris pas, tu lis quoi ?

Je lis énormément, de tout, tout le temps. Je relis aussi beaucoup mes Maîtres en littérature Maupassant, Flaubert, Colette, Cohen, Lemaître pour les contemporains.
C'était l'interview de Julie-Anne de Sée
avant...